Jérome Lejeune, la liberté du savant

8 mai 2019

Le tout nouveau et excellent livre sur la vie et l’oeuvre de Jérôme Lejeune (ed. Artège, 2019, 465p., 22 euros) est écrit comme un roman et parfaitement documenté, par la postulatrice de sa cause de canonisation, Aude Dugast.

Un livre à lire de toute urgence ou à offrir sans modération. Il se lit comme un roman alors qu’il raconte l’histoire vraie d’un des plus grands savants du XXe siècle. Un savant chrétien, marié, père de famille, pour qui la foi et la raison ne furent jamais antinomiques bien au contraire. « Sur aucun point connu n’existe de divorce constaté entre la science d’aujourd’hui et la religion de toujours. La religion et la science : comment pourrait-il y avoir contradiction entre le vrai et le vérifié ? C’est toujours le second qui tarde » (cité p. 161). Un scientifique qui sut aimer ses petits patients plus que tout autre chose, devenu chercheur pour mieux les soigner, il les aima plus que sa carrière, plus que les honneurs et sa propre vie.

L’auteur raconte avec brio son éclatante et fulgurante réussite en génétique : la découverte de la trisomie 21, de la maladie du cri du chat et tant d’autres encore, sa collection impressionnate de prix français et internationaux ; puis sa longue descente aux enfers : les calomnies, les diffamations, le déchainement de haines, il sera trainé dans la boue et humilié… Pourtant l’espérance ne le quitte jamais grâce à sa foi profonde.

Darwin et les théories de l’évolution, mai 68’, la loi Weil et les lois eugénistes (« le racisme chromosomique brandi comme un drapeau de liberté »), "la mort de la médecine", toutes ces questions restent cruciales à la compréhension de notre époque… Mais le Professeur Lejeune reste toujours un homme debout, libre, calme et aimant. Un homme dont le principal objectif est de chercher sans répit un remède à la maladie de ses enfants malades : « Ou bien nous les guérirons de leur innocence, ou bien ce sera le massacre des innocents » (cité p. 181).

Un véritable saint comme le reconnaîtra certainement bientôt l’Eglise, sa cause étant déjà bien avancée, Jérôme Lejeune sut redonner leur dignité aux plus petits. « C’est la première fois, que je vois quelqu’un qui regarde mon fils avec tant d’amour. Grâce à ce regard, je viens de comprendre que la vie de mon fils a du prix et que mon Paul a besoin de moi » (une maman d’un enfant trisomique citée p. 103).