Ouvrages récents sur le Saint Suaire

8 mai 2010

« … Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre ; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé » (Luc 24, 12).

 

 

 

 

"Tel est le pouvoir du Linceul : du visage de cet “Homme de douleurs”, qui porte en soi, la passion de l’homme de tous temps et tous lieux, et aussi nos passions, nos souffrances, nos difficultés, nos péchés – “Passion du Christ, Passion des hommes” –, de ce visage émane une solennelle majesté, une seigneurie paradoxale. Ce visage, ces pieds et ces mains, ce côté, tout ce corps parle (…) Le Suaire est une icône écrite avec le sang (…) L’image imprimée sur le Suaire est celle d’un mort, mais le sang parle de sa vie. Chaque trace de sang parle d’amour et de vie."
(Benoît XVI, Turin, 2 mai 2010).

Comme chacun sait, le suaire de Turin est un drap en lin ancien qui montre l’image d’un homme présentant les traces de tortures physiques correspondant à un crucifiement. Pièce archéologique la plus étudiée de l’histoire, son authenticité continue à partager la communauté scientifique. D’autant qu’en 1988 était réalisée sa datation au carbone 14. Or, celle-ci remonte l’origine du tissu au Moyen Age. Depuis, cette datation a été fortement contestée, notamment en 2005, quand l’américain Ray Rogers a montré que l’échantillon de tissu alors prélevé n’était pas représentatif de l’ensemble du linceul. Le Pape

Jean-Paul II en 1998 avait qualifié le linceul de "provocation à l'intelligence" et avait invité les scientifiques à poursuivre leurs recherches…

 

Quoiqu’il en soit, et bien que l’Eglise catholique n’ait jamais certifié l’origine du Saint Suaire, celui-ci est régulièrement proposé à la vénération des fidèles. Depuis le 10 avril et jusqu’au 23 mai 2010, il est ainsi exposé, soit dix ans après sa dernière ostension.

Pour l’occasion, outre l’organisation de nombreux pèlerinages à Turin au départ de la France, des livres forts intéressants consacrés au linceul viennent de paraitre chez différents éditeurs français.

Le premier : Le linceul de Jésus enfin authentifié ? Enquête après les récentes découvertes sur le suaire de Turin, dialogue entre deux scientifiques chrétiens : Jean-Baptiste Rinaudo et Claude Gavach, a été publié aux éditions F.-X. de Guibert (Paris, 570 p., mars 2010). Après la photographie, faisant du Saint Suaire "un négatif grandeur nature", les rayons X, prouvant que l’image n’a pas été peinte, l’ordinateur et la 3D, le Père Rinaudo développe une hypothèse passionnante qui relève cette fois du nucléaire ! Ce prêtre, spécialiste du Saint Suaire et en physique nucléaire, montre en effet, et preuves à l’appui, qu'une irradiation d'un tissu de lin par un flux de neutron donne deux résultats essentiellement similaires à l'image du linceul de Turin : rajeunissement apparent du tissus si on le date par Carbone 14 et brunissement superficiel identique. Pour faire simple, selon lui cette "image" serait le produit d’une explosion nucléaire locale irradiant le corps d’un mort supplicié remontant aux années 30 du début de notre ère. Véritable explosion de vie  témoignant de… la résurrection ?

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Sans doute plus facile à lire, Le linceul de Turin, complément d'enquête, de Sébastien Cataldo, Thibault Heimburger et Thierry Castex, est sortit en mars aux éditions avignonnaises du Docteur angélique (220 p., 12 €). De façon fort claire et très pédagogique les trois auteurs nous dressent un état des travaux de la science sur le linceul. Où l’on en vient à souhaiter une nouvelle autorisation de la part de l’Eglise, propriétaire du Saint Suaire, pour un accès à la relique afin de permettre l’avancement de nombreux travaux.

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Dans un tout autre style, et sans prétendre à l’exhaustivité, signalons enfin un autre ouvrage publié cette fois aux éditions du Jubilé et de l’Emmanuel : L’autre Suaire, enquête sur le secret de Manoppello de Paul Badde, sortit en France il y a à peine quelques jours (330 p., 22,00 €), livre fort intéressant d’un point de vue religieux, historique et culturel - notamment sur les représentations artistiques de la figure du Christ depuis le 3e siècle. L’auteur, un journaliste allemand, enquête sur une mystérieuse image du Christ, très différente du Saint Suaire, qui représente le visage d’un homme les yeux grand ouverts. Le tissu ne serait ni fabriqué, ni peint de main d’homme, et n’invaliderait pas le Suaire de Turin, au contraire...