Oser être soi-même

12 novembre 2014

La finalité de l’Incarnation

« S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai ! » (2 Co 11, 30)

Qui n’a pas lu De la kippa à la croix ? Un best-seller écrit par un juif hors du commun qui rencontre Jésus et reste bouleversé par la Bonne Nouvelle.
Entré dans l’Eglise, Jean-Marie Elie Setbon s’étonne de la tristesse de bon nombre de catholiques, de leur nombrilisme et de leur mondanité. Aussi vient-il d’écrire un deuxième livre, comme un cri : Oser être soi-même, la finalité de l’Incarnation (ed. Salvator, 2014, 18 euros). Et être soi-même qu’est-ce ? Un nouveau titre à la mode pour « être bien dans sa peau » et apprendre à résister au regard des autres ? Etre soi-même signifie s’accepter comme nous sommes, c’est à dire fondamentalement des enfants de Dieu appelés à une liberté incroyable, à une joie immense que personne ne peut nous ravir !
Un petit livre écrit sur un ton très personnel, très simple, où l’auteur s’adresse au lecteur à la deuxième personne du singulier, de façon vivante et surtout très vraie. Venu du judaïsme l’auteur est épris de la Parole, ce qui est fort appréciable, et tout en s’appuyant sur nos racines juives, il insiste sur la grande nouveauté du Christianisme.

Voici un extrait révélateur :
« »Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous as aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ« (Ep 2, 4-7).
A présent, dis-moi quelle est, selon toi, la plus grande miséricorde divine. Quel est le plus grand cadeau que Dieu nous fait ? A cette question, je constate que de nombreux catholiques répondent qu’il s’agit du pardon des péchés. Certes, cela est très important ; le pardon de Dieu est extraordinaire et nous permet de vivre la miséricorde divine au moment de la confession. Cependant, dans l’Ancien Testament, Dieu pardonnait déjà les péchés. Par conséquent, si la miséricorde divine du Nouveau Testament ne faisait que reproduire celle qui existait déjà dans l’Ancien Testament, où serait la nouveauté ? Ou serait la Bonne Nouvelle ? Si tu lis attentivement ce que nous dit saint Paul (...) tu peux t’apercevoir qu’il évoque lui aussi tout d’abord le pardon des péchés qui nous rend à la vie. Mais il ne s’arrête pas là, Saint Paul, en tant que juif, connaît les Ecritures saintes et sait que Dieu a toujours fait miséricorde au peuple hébreu en lui pardonnant ses péchés. Selon lui, la miséricorde divine va beaucoup plus loin ! Dieu ne nous rend pas simplement la vie, nous laissant tels que nous étions auparavant : Dieu nous »ressuscite« et nous »fait asseoir ensemble dans les lieux célestes« ! Par la résurrection de Jésus, nous sommes devenus membres à part entière de la famille trinitaire, nous sommes devenus enfants de Dieu ! » (pp. 31-32).