Oser Evangéliser ! Deux livres à lire.

10 avril 2013

« J’invite tout le monde a porter la Bonne Nouvelle, dans toutes les ambiances de vie, »avec douceur et respect« (1 P 3, 16) ! Allez dans les places et annoncez Jesus Christ, Notre Sauveur » (Pape François, Regina Coeli, 7 avril 2013).

Alex et Maud Lauriot-Prévost, délégués épiscopaux à la nouvelle évangélisation du diocèse Avignon, bien connus chez nous pour leur zèle missionnaire, publiait à la mi-février un Manuel du Nouvel Evangélisateur. Principes, outils-clefs, spiritualité aux éditions Salvator, avec une préface de Mgr Dominique Rey et une postface du P. Daniel-Ange (171p., 16 euros). Ils en expliquent ainsi l’enjeu : offrir "un petit livre à visée essentiellement pédagogique pour les baptisés et les pasteurs ".
Pétris par la pensée de Paul VI, Jean-Paul II et Benoit XVI (le lecteur en bénéficiera par leurs très nombreuses citations), dans la foulée des travaux du Synode sur la nouvelle évangélisation (tenu en octobre dernier), ils ont voulu en tirer les premières leçons. 
En voici deux, essentielles. Tout d’abord : la nouvelle évangélisation nous concerne tous, curés, laïcs, catéchistes, membres de communautés anciennes ou nouvelles, jeunes et moins jeunes. Ensuite : si cette évangélisation est dite "nouvelle" il ne s’agit pas, selon leurs dires mêmes, d’une nouvelle mode ou technique. Comme l’évangélisation de toujours, elle repose essentiellement sur l’expérience spirituelle, personnelle et communautaire de chaque baptisé.
Ceci dit, leur ouvrage, clair, percutant et effectivement didactique, aidera et encouragera le lecteur à révéler à l’homme d’aujourd’hui la Bonne Nouvelle du Salut, dont le cœur est l’annonce du kérygme.

En voici un extrait pour tenter d’en livrer la tonalité et le contenu. «  "Qui regarde vers Lui resplendira" (ps 33) ; selon la tradition et l’expérience de l’Eglise, le missionnaire est avant tout un adorateur et un passionné du Christ. "C’est de cette connaissance amoureuse du Christ que jaillit le désir de l’annoncer, d’évangéliser, et de conduire d’autres au oui de la foi en Jésus-Christ" (CEC, 429). C’est pourquoi "l’engagement missionnaire jaillit le désir de l’ardente contemplation de Jésus" disait Jean-Paul II (21/10/2001), tandis que Paul VI soulignait que "le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qui leur est familier, comme s’ils voyaient l’invisible" (Evangelii Nuntiandi, 76). A l’inverse "l’évangélisateur qui n’est pas adorateur est un imposteur : il trompe son monde en parlant d’un Dieu-Amour que lui-même n’aime pas. Adorer n’est-ce pas le propre de l’amour ?" (Daniel-Ange, La mission, ed. des Béatitudes, 2006, p. 157).
Le missionnaire s’abandonne au Christ avec confiance car l’évangélisation est un vrai combat spirituel en tant que tel (on l’oublie trop souvent), et d’une certaine manière, un combat contre l’adversaire forcément dérangé dans ses petites affaires. Le Christ est notre armure, notre bouclier (Ep 6, 10-18) : prier le Christ-Rédempteur pour qu’il soit notre force, qu’il nous arme de sa protection et de sa puissance n’est en rien accessoire ! Si je crois en Jésus, il est là présent à nos côtés : "Ne vous souciez pas du lendemain", "Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde", "Ils s’en allèrent prêcher... le Seigneur agissait au milieu d’eux" (Mc 16, 19-20). C’est pourquoi Jean-Paul II nous rappelle une évidence : "La mission ne s’appuie pas sur les capacités humaines mais sur la puissance du Ressuscité" (Redemptoris Missio, 23). » (pp. 94-95).


Pour passer de la théorie à la pratique rien de tel que la vie des saints. Aussi faut-il vivement recommander un excellent ouvrage qui vient de paraitre aux éditions Artège : Au nom d’une passion, l’évangélisation dans le cœur des saints, sous la direction de Thérèse Nadeau-Lacour (286 p. 24 euros). Le lecteur amoureux des saints et passionné par l’évangélisation y trouvera son compte ! Paul de Tarse bien entendu y occupe une place de prédilection, mais les pages concernant Thérèse d’Avila, les Martyrs Canadiens, John Henri Newman ou encore Charles de Foucauld, Giorgio Frassati et Mère Térésa, sans oublier François-Xavier et la petite Thérèse, et d’autres encore, le captiveront. Autant de vies données au service de l’annonce de l’Evangile. Autant de "miracles plus grands que la résurrection des morts" (p. 147). Autant de témoignages magnifiques mais différents nous exhortant à poursuivre aujourd’hui.
Ainsi découvrons-nous une Sainte Thérèse d’Avila nous encourageant à sortir d’une certaine quiétude spirituelle, une solitude qui risque de nous donner de fausses idées sur notre sainteté personnelle ; un Saint François-Xavier à la joie communicative et enfin les Saints martyrs canadiens, tous morts au combat, stigmatiser les méfaits de l’activisme religieux, l’orgueil apostolique, la recherche de soi et de l’estime d’autrui dans les œuvres.

Bref, là encore nous pourrons vérifier que mission rime avec sainteté et évangélisation avec oraison. Car, nous le savons, le but ultime de la vie chrétienne n’est pas notre propre perfection, mais bien le salut de tous, et l’union avec le Christ conduit forcément au "zèle pour les âmes" (p.145).