Le Kérygme

8 novembre 2013

Dans les baraques avec les pauvres

L’année de la foi se termine, « la foi (qui) nait de la prédication » (Rm 10, 17).
Cette année, exceptionnelle en évènements, les livres publiés sur la nouvelle évangélisation ont été nombreux. Grâces à Dieu. Parmi ceux-ci, l’un est passé quasiment inaperçu en France (pas ailleurs Dieu merci !) : Le Kérygme Dans les baraques avec les pauvres Une expérience de la nouvelle évangélisation : la « Missio ad gentes ». Ecrit sur le vif par Kiko Argüello (ed. cariscript, 2013, 136 p., 13 euros), le Cardinal Antonio Canizares (le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin) en fait une très belle présentation, quant au Cardinal Christoph Schönborn un commentaire enthousiaste.

Le Cardinal Canizares commence ainsi : « C’est le genre de livre qui mérite d’être lu ; dans sa brièveté il contient une grande et riche substance ; le livre ne laisse pas indifférent, sa lecture nous saisit et nous interpelle ; elle nous provoque, elle nous fait bouger, elle nous émeut (...). Ce livre offre et recueille l’annonce du kérygme, quelque chose de si vivant, de si vital, exactement tel qu’il a été directement annoncé à un moment précis, avec toute la force et l’ardeur de celui qui sent l’Evangile comme un feu dans son cœur. Il s’agit de Kiko Argüello, fondateur et initiateur du Chemin néocatéchuménal, un homme qui a donné toute sa passion au Christ pour le faire connaitre à tous, pour qu’ils se convertissent et qu’ils suivent Jésus.
Lisant et relisant ce livre, me mettant encore une fois à son écoute comme d’une parole vivante prise sur le vif pour nous l’offrir, je sens peser en un sens contraire la faiblesse actuelle avec laquelle on annonce l’Evangile aux hommes qui la réclament comme la terre aride réclame l’eau. C’est très important que nous reconnaissions avec sincérité et humilité cette faiblesse et la fragilité de notre foi. C’est le chemin que nous devons emprunter pour nous mettre en mouvement vers le renouveau. Nous avons besoin de ce renouveau profond ; nous avons besoin pour annoncer l’Evangile que se fortife notre expérience de Dieu et de Jésus-Christ » (pp. 14-15).

Plus loin le Cardinal Schönborn renchérit « La catéchèse de Kiko que l’on publie ici représente une forte »instruction pour les disciples« . C’est un appel à la conversion personnelle. Ce qui me frappe dans cette catéchèse c’est qu’elle montre clairement -et elle me le montre à moi personnellement- que je ne peux pas évangéliser en faisant abstraction de ma propre conversion. Le missionnaire doit, lui-même, en premier lieu être évangélisé. Et cela ne se produit jamais »une fois pour toutes« . Je ne eux pas dire : je suis déjà évangélisé ! (...) Cette catéchèse représente donc un bel et puissant exemple pour l’ »évangélisation des évangélisateurs« . Ceux qui doivent devenir des »anges« , c’est-à-dire des messagers de la joyeuse nouvelle (...).
D’une manière impressionnante, cette catéchèse concentre toute l’annonce de l’Evangile. Puisse cette catéchèse être écouter par de nombreuses personnes ! Puisse-t-elle toucher les cœurs de beaucoup, pour qu’ils soient ainsi renforcés dans la foi et enflammés d’amour ! Car c’est seulement si »l’Amour du Christ nous presse« (2 Co 5, 14), que la Nouvelle Evangélisation rejoindra le cœur des hommes ! » (pp. 79-80).

Quant à Kiko, il termine de la manière suivante son petit livre de feu : « Pour conclure, j’aimerais faire remarquer que, raconté comme ça, tout semble facile, mais l’évangélisation se fait toujours au milieu des difficultés. (...) nous voulons suivre les pas de Jésus-Christ et nous avons que la persécution est la source du véritable succès, qu’elle nous aide pour notre conversion. Tout ce qui nous fait ressembler à Jésus-Christ est là, et il n’y a rien de plus grand pour un chrétien que d’être semblable à Jésus-Christ crucifié qui fut haï, persécuté et, plus il faisait le bien, plus on voulait le tuer. Ainsi, nous les chrétiens, avec le Christ, nous n’avons pas d’endroit où reposer la tête dans ce monde. Notre véritable cité est la Patrie céleste, vers laquelle nous espérons nous rendre bientôt. Mais tant que le Seigneur nous garde ici, il nous fait participer à sa mission d’amour. Il n’existe rien de plus grand qu’aimer comme Il nous a aimés ; c’est participer à l’essence même de Dieu, qui est d’aimer l’autre même si l’autre est mauvais et notre ennemi. C’est participer à Sa gloire. Saint Paul dit »Nous avons été créés par Dieu dans le Christ en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance pour que nous les pratiquions« (Ep 2, 10).

Francisco Arguello (dit Kiko) est né à Leon en Espagne, le 9 janvier 1939. Après avoir étudié les Beauxarts à l’Académie de San Fernando, à Madrid, il obtient en 1959 le Prix National extraordinaire de Peinture. Mais paradoxalement ses succès artistiques le laissent profondément insatisfait. Après une grave crise existentielle, qui le conduit au bord du suicide ( »vivre pourquoi  , »qui suis-je  ) se produit en lui une sérieuse conversion qui le conduit à consacrer sa vie à Jésus-Christ et à l’Eglise.
Convaincu que Jésus-Christ est présent dans la souffrance des innocents, très touché par la vie et les écrits de Charles de Foucauld, il part vivre, en 1964, parmi les plus pauvres, dans les baraques du quartier de Palomeras Altas, dans la banlieue de Madrid. Par la suite, Kiko Arguello fait la connaissance de Carmen Hernandez. Stimulés par l’environnement de pauvreté, ils se voient contraints de trouver une forme de prédication, une synthèse »kérygmatico-catéchétique« qui conduira à la formation d’une petite communauté chrétienne.
C’est ainsi que naît parmi les plus pauvres, la première communauté néocatéchuménale. Là, se manifestera de manière visible, l’amour de Jésus-Christ crucifié qui deviendra une »semence". Grâce à l’Archevêque de Madrid d’alors, Monseigneur Casimiro Morcillo, elle sera semée dans les paroisses de Madrid, et ensuite dans celles de Rome et du monde entier. Peu à peu, se forme un Chemin d’initiation chrétienne pour les adultes qui redécouvre et récupère la richesse du baptême.
Kiko Argüello, Carmen Hernandez et le prêtre italien, le P. Mario Pezzi, sont aujourd’hui les responsables, au niveau mondial du Chemin néocatéchuménal déjà présent dans plus de 100 pays des cinq continents.